Le « préférendum », qu’est-ce que c’est ?

Préferendum

Avec les derniers mouvements de contestation, la volonté d’expression démocratique est plus qu’importante. Emmanuel Macron pourrait proposer un référendum aux Français au moment des Européennes. Mais, le collectif « Mieux voter » propose que ce référendum soit remplacé par le « préférendum ». Mais qu’est-ce que c’est ? Et comment cela fonctionne ?

Qu’est-ce que le préférendum ? Comment ça marche ?

Aujourd’hui, le mode de scrutin est binaire. Les électeurs peuvent seulement choisir entre « oui » et « non » lors d’un référendum et un seul candidat aux élections. Ce modèle fonctionne grâce à la logique de majorité. Au contraire, le préférendum propose d’évaluer les propositions grâce à des options : « à rejeter », « insuffisante », « passable », « bien », « très bien » et « excellent ». L’idée est de pouvoir évaluer concrètement une idée ou un candidat. Les citoyens peuvent donner un avis concret et objectif sur chaque proposition. Grâce à ce système, lors d’une élection, les votants s’expriment sur chaque candidat, ce qui facilite l’émergence du consensus.

Si le préférendum est plus représentatif de l’avis des Français, ce n’est pas le seul à favoriser l’opinion collective.

La méthode Condorcet, pour plus de consensus

Préférendum - Condorcet

Nicolas de Condorcet (1743 – 1794) est un philosophe et mathématicien du XVIIIéme siècle. Il a conduit des recherches pour définir une théorie de vote plus cohérente avec la volonté du peuple. Il énonce notamment que « s’il existe un candidat qui, lorsqu’on le confronte à n’importe quel autre candidat, est préféré à cet autre candidat par une majorité d’électeurs, alors ce candidat est celui d’entre tous que le peuple préfère ».

Ainsi la méthode de vote Condorcet est née. Ce système confronte chaque candidat avec chacun des autres. Et celui qui l’emporte vis-à-vis de chacun des autres candidats est le vainqueur. Les électeurs classent les candidats selon leurs opinions et lors du dépouillement, les résultats s’organisent par duel entre chaque proposition. Le gagnant est ainsi plus légitime.

Pour en apprendre davantage, nous vous invitons à lire notre précédent article sur le système Condorcet :

Lire aussi sur notre blog

La méthode de vote Condorcet

La solution Instant Agora pour des résultats nuancés

Aujourd’hui, Open Agora ne souhaite pas proposer une solution pour un référendum national. En revanche, nous proposons un outil qui répond aux caractéristiques du préférendum : Instant Agora. Instant Agora permet l’expression d’opinions nuancées grâce à la méthode Condorcet. Notre outil permet de classer les propositions selon ces préférences. Ensuite, Instant Agora synthétise l’ensemble de ces opinions pour établir un classement des préférences collectives. Ainsi, tous les votants sont satisfaits.

Si ce système était appliqué aux élections présidentielles, les résultats pourraient être bien différents. Les candidats les plus extrêmes auraient des résultats plus clivant et donc, peu de chances d’être élus. Réciproquement, les candidats plus centraux auraient plus de chances de gagner car appréciés par les électeurs de tous bords.

Ce modèle permettrait de contenter plus d’électeurs. Il est plus juste, pour le 1er tour des élections notamment, car ce n’est pas la majorité qui compte mais la préférence collective. Les gagnants auraient plus de légitimité car ils conviendraient à la plus grande majorité.

En bref, l’attachement des Français à ces valeurs démocratiques n’est plus à prouver. Ils veulent exprimer leurs opinions. Le Référendum d’Initiative Citoyenne a notamment été évoqué ces dernières semaines. Le préférendum peut être une bonne solution pour donner plus de place à l’opinion de l’électorat. Notre outil Instant Agora repose sur le même principe que le préférendum : le consensus.

Petit plus : nous venons d’implémenter le système du jugement majoritaire qui repose sur le vote par notation. Nous l’avons notamment expérimenté lors de la mise en scène du procès d’un robot lors du Festival Transfo 2019 de Grenoble, où le public était appelé à se prononcer sur la culpabilité de plusieurs prévenus. Cette belle expérience fera bientôt l’objet d’un article.

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